Caractère du chat Bengal : est-il dangereux ? Quelle est son origine ?

Par Sandrine - 23 minutes de lecture
Caractère du chat Bengal : est-il dangereux pour les enfants ?

Beaucoup d’amoureux des chats sont fascinés par l’apparence du chat Bengal. Il faut dire qu’il a tout d’un léopard sauvage avec son motif de rosettes (robe la plus courante pour cette race), unique chez le chat domestique. Avoir un chat Bengal chez soi, c’est comme héberger une vraie petite panthère de salon. Par contre, si avoir un chat au look sauvage est excitant, qu’en est-il de son caractère ? Son comportement est-il en rapport avec son impressionnante allure de léopard ? Peut-il vivre en appartement ? Représente-t-il un danger pour les enfants ?

Toutes ces questions sont très importantes car quand on choisit une race de chat, quelle qu’elle soit, son aspect physique n’est jamais le seul critère à prendre en compte. Mieux vaut donc se renseigner sur son caractère et toutes ses caractéristiques avant d’adopter.

Et puis, depuis quelques années, le Bengal fait l’objet d’attaques à propos de ses origines sauvages. Il serait même désormais interdit dans une partie de la Belgique ?

Qu’en est-il de toutes ces polémiques ? Sont-elles justifiées ?

L’objectif de cette article est de présenter sans tabou ni langue de bois le caractère du chat Bengal et de démêler le vrai du faux dans les controverses.

Origine du chat Bengal

Chat athlétique avec une musculature très développée, le Bengal impressionne surtout grâce aux motifs de sa robe. Elle peut présenter 2 types de motifs. Le plus connu est la rosette, ressemblant à celles d’un léopard. Le second est appelé marble. Les rosettes sont remplacées par des bandes noires contrastant avec le fond du pelage plus clair. Ce motif se rapproche de celui de la panthère longibande et peut être très impressionnant. Dans tous les cas, un fort contraste entre le motif et la base du pelage est ce que les éleveurs privilégient dans leurs lignées.

En ce qui concerne le caractère du Bengal et pour mieux comprendre ses principales caractéristiques, il est important de connaître l’histoire de sa race. Il faut dire qu’elle est peu banale car le chat Bengal n’est pas ce qu’on appelle une race naturelle. Comprenez par là qu’il ne provient ni d’une mutation génétique spontanée ni d’une évolution obtenue grâce à de nombreux mariages (aléatoires ou non) dans la population féline.

Non, le Bengal n’est pas arrivé par hasard. Il est né principalement de la volonté de 2 êtres humains : une femme (Jean Mill) et un homme (Willard Centerwall) dont les motivations étaient fort différentes mais louabls. Leurs deux parcours ont fini par se croiser, et c’est leur rencontre qui a permis la création de cette race.

Le Bengal, une histoire d’hybridation

Le Bengal n’est donc pas issu d’un croisement (ou mariage) entre 2 chats mais d’une hybridation entre 2 félins d’espèces différentes.

Pour donner un aperçu de la complexité de la tâche, il faut savoir que dans la nature, l’hybridation entre 2 animaux est rare. La plus connue est sans doute celle de l’âne et la jument qui donne un mulet ou une mule. Comme c’est souvent le cas avec l’hybridation, le mulet ou la mule sont stériles. Pas simple dans ces conditions de créer une nouvelle race à part entière !

Cependant, avec des animaux plus proches génétiquement, les hybrides obtenus peuvent être fertiles. Prenons par exemple le cas du chien-loup qui résulte de l’hybridation chien x louve ou loup x chienne. Le chien-loup est bien fertile mais dans ce cas précis, les parents appartiennent à la même espèce (canis lupus). Ce n’est que leur sous espèce qui diffère.

Revenons à notre bengal. L’hybridation est plus complexe que pour le chien-loup car ici, il s’agit bien de 2 espèces différentes :

  • Espèce Felis catus (nom savant pour désigner le chat domestique…) qui appartient au genre des Felis, lui-même appartenant à la sous-famille des petits félins.
  • Espèce Prionailurus bengalensis (chat léopard d’Asie) qui appartient au genre Prionailurus et qu’on retrouve également dans la sous-famille des petits félins

Cependant, l’espèce Prionailurus bengalensis reste génétiquement relativement proche du Felis catus.

Chat léopard d'Asie (Prionailurus bengalensis)
Chat léopard d’Asie (Prionailurus bengalensis), facilement reconnaissable avec ses très grands yeux pour une petite tête

Conséquence, lors des premiers essais, les chatons étaient bien souvent stériles. Ou alors seules les chatons femelles étaient fertiles.

En génétique, ce n’est pas un hasard si les femelles hybrides peuvent être fécondes. Car seul le sexe hétérogamétique est stérile, c’est à dire, celui qui porte des chromosomes sexuels différents. Chez l’humain (comme chez tous les mammifères), l’homme est porteur de 2 chromosomes différents XY. La femme, elle, est porteuse de 2 chromosomes XX (homogamétique : 2 chromosomes semblables). Ainsi, si le père transmet un chromosome X, le bébé sera une fille (XX) puisque la mère ne possède que des « X ». Mais s’il transmet un chromosome Y, alors ce sera un garçon (XY). Ce n’est pas pour rien qu’on dit ironiquement que le sexe du bébé est déterminé par le père !
Et il en est de même pour le chat domestique ou sauvage. Notons en passant que chez les oiseaux, c’est le contraire…

Willard Centerwall, le généticien

Willard Centerwall était un médecin généticien américain. Quand il était professeur à l’Université de Loma Linda en Californie, il s’est passionné également pour les petits félins sauvages et il a publié de nombreuses études à leur sujet. Or, il est apparu que les maladies génétiques chez les félidés ont des modèles proches de ceux des humains. Il était donc très intéressant de croiser les recherches médicales et vétérinaires. Avec sa double casquette de médecin généticien et d’expert des félins, le Dr Centerwall avait toutes les compétences pour faire des découvertes intéressantes.

Willard Centerwall dans son laboratoire à l'université de Loma Linda – © A.Hutcherson
Willard Centerwall dans son laboratoire à l’université de Loma Linda – © Edwin Centerwall

Il s’est particulièrement intéressé à un type de cancer, la leucémie, autant chez le chat que chez les petits félins sauvages. Or, il avait découvert que le chat léopard d’Asie (notre fameux Prionailurus bengalensis) était résistant au virus de la leucémie féline à la grande différence de nos chats domestiques.

En 1971, il a donc eu l’idée de pratiquer des hybridations entre des petits léopards d’Asie et des chats domestiques. Son but était de faire transmettre l’immunité du chat léopard sauvage contre la leucémie au chat domestique. De là, il aurait pu ensuite étudier une possible immunité chez l’homme. Malheureusement, il ne parvint jamais à transmettre ce précieux héritage génétique aux hybrides qui étaient nés. L’étude s’arrêta là. Mais pas l’histoire du Bengal.

Jean Mill, l’éleveuse

Jean Mill, la créatrice de la race bengal

Pendant toute sa vie, Jean Mill a lutté contre le braconnage des chats sauvages et particulièrement du chat léopard d’Asie tacheté. Celui-ci était la cible des braconniers pour sa fourrure. De plus, il y avait un réel marché de chatons léopards vendus aux particuliers qui recherchaient des petits félins à l’allure sauvage. Et comme c’est toujours le cas quand il y a trafic d’animaux sauvages, la mortalité des petits est toujours très forte. Notamment pendant le transport effectué dans des conditions souvent déplorables. Sans parler qu’une fois parachutés dans les foyers, ces pauvres félins n’étaient vraiment pas préparés à une vie domestique !

C’est ainsi qu’elle a eu l’idée de tenter une hybridation entre ces chats sauvages et notre chat domestique afin de créer une nouvelle race distincte. Elle voulait ainsi répondre à la forte demande de chats exotiques aux Etats-Unis et en Europe, tout en préservant le Prionailurus bengalensis à l’état sauvage. Car elle était une fervente défenseuse de la conservation des espèces sauvages de félins.

Son 1er essai date de 1963. Elle avait réussi à se procurer une femelle léopard dans une animalerie. Cette chatte sauvage s’est accouplée avec un matou noir domestique et 2 chatons hybrides sont nés. Mais il n’y a pas eu d’autres descendants.

De plus, entre temps, la législation ayant changé, il était désormais impossible d’importer aux Etats-Unis les chats léopards d’Asie.

A nouveau, l’aventure du Bengal aurait pu s’arrêter là. Mais c’est ici que les chemins de Jean Mill et Willard Centerwall se sont croisés.

Favorite, hybride F1 avec Becky Centerwall
« Favorite » (ou Favie), un des plus remarquables hybrides F1, tant par sa robe tachetée que par son caractère doux, obtenu par Centerwall et donnée à Jean Mill. Elle est ici avec Becky Centerwall. © A.Hutcherson

Il faut savoir que Centerwall était un grand amoureux des chats. Et très vite, autant pour leur bien-être que dans l’intérêt de son étude, il avait placé tous ses hybrides de 1ère génération dans les foyers de personnes volontaires. A l’arrêt de l’étude en 1975, Gordon Meredith, l’un des volontaires, était tombé gravement malade. Dr Centerwall chercha alors activement une solution pour placer son groupe d’hybrides.

C’est là qu’il tomba sur une des annonces de Jean Mill qui recherchait toujours un moyen de poursuivre son grand projet. Les 2 hommes lui confièrent alors leurs hybrides, des femelles âgées de 6 à 8 ans. Elle put alors redémarrer son travail sur la création d’une nouvelle race et s’y consacra sans relâche. Son élevage se nommait Millwood.

La création de la race Bengal

Bien entendu, l’objectif était de créer un chat de race avec le look sauvage du léopard d’Asie mais combiné au caractère affectueux d’un animal de compagnie.

Bengal avec motif rosettes fermées

Le Prionailurus bengalensis n’est pas le plus agressif des chats sauvages. N’empêche qu’il était hors de question de conserver son côté non apprivoisé.

Or, la 1ère génération d’hybrides (ce qu’on appelle F1) récupérait aléatoirement ses caractéristiques. Il fallut donc faire un travail de sélection rigoureux permettant d’atteindre au moins la génération F5 de chats ayant les caractéristiques comportementales de tout bon chat domestique.

Pour cela, elle maria les hybrides avec des chats de races bien connues. Elle choisit notamment un Mau égyptien mâle qui se nommait Millwood Tory of Delhi. Elle poursuivit avec le Burmese, le Siamois, l’American Shorthair ou l’Abyssin. Chaque mariage et croisements étaient sélectionnés avec grand soin.

Croisement entre un mau egyptien et des hybrides Bengal
A gauche, le mâle Mau égyptien Millwood Tory of Delhi. A droite, 3 femelles hybrides F1, dont « Favorite ». Elevage de Milwood. © A.Hutcherson

Hybridation et rétrocroisement : comment ça marche ?

Jean Mill procédait par rétrocroisement.

Pour cela, elle commençait par faire accoupler un hybride F1 avec un chat domestique reproducteur pour obtenir la génération F2.

Suivait un mariage d’un des F2 choisi pour ses qualités, avec un autre chat domestique pour donner la 3ème génération F3.

A nouveau, on choisissait un hybride F3 pour l’accoupler, toujours avec un chat domestique.

Et ainsi de suite… Autrement dit, chaque nouvelle génération d’hybrides ne s’accouplait jamais avec un autre hybride.

Chaque F1, F2, F3… était choisi soigneusement selon le type de robe qu’on voulait obtenir. Les autres chatons étaient écartés du plan de reproduction. Car la méthode du rétrocroisement consiste à transmettre à chaque génération le caractère génétique intéressant du chat léopard sauvage (son apparence) tout en éliminant les autres qu’on ne souhaite pas (son comportement).

Ainsi, après suffisamment de générations, on obtient un chaton génétiquement semblable à un chat domestique excepté pour les quelques gènes responsables de son apparence (couleur et motifs du pelage).

En voici un schéma ci-dessous :

Création de la race Bengal par hybridation et rétrocroisement génétique

L’infographie ci-dessus montre bien qu’il faut des années pour obtenir le résultat souhaité. En l’occurrence, un vrai chat domestique au caractère sociable mais doté d’une apparence sauvage inédite.

Au début des années 80, Jean Mill a obtenu des chats F5 qui avaient retrouvé complètement et systématiquement le tempérament des chats domestiques. Cette fois, le Bengal était né !

En 1986, la race de chat Bengal est reconnue officiellement par la TICA (The International Cat Association).
En 1997, le LOOF, seul organisme français habilité à délivrer un pedigree, fait entrer le Bengal dans son livre des origines félines.

Depuis, en France, le Bengal est une race à part entière et il est formellement interdit de pratiquer à nouveau des hybridations ou de posséder des hybrides en dessous de la génération F5.

A présent, le travail des éleveurs se poursuit pour conserver au mieux les qualités exceptionnelles de sa robe. Mais bien sûr, en pratiquant exclusivement des mariages entre chats Bengal avec pedigree LOOF. Les éleveurs favorisent également dans leurs lignées une expression de la tête qui s’éloigne le plus possible du chat européen.
Sur les pedigrees LOOF, vous ne verrez jamais apparaitre un parent hybride ou sauvage. Car chez tous les chats de race Bengal, l’origine sauvage du chat léopard d’Asie est désormais bien loin dans la lignée, au-delà même de la génération F15 !

Chat Bengal à la robe snow (fond très clair)
Chat Bengal à la robe snow (fond très clair)

Caractère du chat Bengal

J’ai tenu à détailler longuement l’origine et la création de la race Bengal car tout cela est important pour comprendre la caractère de ce chat. Il est essentiel de noter que Jean Mill a travaillé avec la rigueur qui s’imposait pour supprimer tout trait de caractère sauvage.

Il est donc faux de dire qu’un chat Bengal avec pedigree LOOF peut encore avoir les comportements sauvages de son ancêtre.

Par contre, on a vu que dans les lignées d’origine, on retrouve beaucoup de chats de races orientales (siamois, abyssin…) qui lui on transmis quelques une de leurs caractéristiques typiques, comme le dynamisme et leur côté bavard.

Aujourd’hui, le caractère général du Bengal est bien fixé. En voici les traits principaux :

Actif, athlétique, exceptionnellement intelligent, bavard, curieux, démonstratif, adorant patauger dans l’eau, agile, joueur, confiant, gentil, très attaché à la présence humaine.

 

Côté morphologie, il est doté d’une musculature puissante et d’une ossature robuste. Cela fait de lui un sauteur et un grimpeur exceptionnel.

Mais n’oublions pas que chaque chat est unique. Et comme dans toute race, ces traits de caractères sont plus ou moins marqués. Dans une même portée, on a souvent des plus intrépides et des plus pépères !

Par contre, si vous n’aimez que les chats tranquilles, adeptes du canapé, oubliez le Bengal 😉

D’autres races, particulièrement celles aux poils plus longs (Maine Coon, Sacré de Birmanie…), vous conviendront mieux. A ce propos, ce top 10 des races de chat vous en donnera quelques exemples.

Adopter un chat Bengal

Chat Bengal avec des chatons chartreux
Feufollet, un de mes Bengals, avait décidé de jouer les pères adoptifs avec une de mes portées de chatons chartreux !

FeuFollet, Chat Bengal, avec un chaton chartreux

Vous l’aurez compris, si vous êtes tenté par l’adoption de ce chat hors du commun, vous devez être prêt à vous investir pour lui. Car un jeune Bengal a vraiment besoin de jouer, et pas que tout seul. Un de ses jeux préférés ? Le lancer de balle (ou de tout autre jouet, et s’il y a des plumes, c’est encore mieux). Occasion pour ce chasseur hors pair de faire une course poursuite derrière sa proie. Et éventuellement de vous la ramener…Pas comme un chien hein, qui le fait pour faire plaisir à son maître. Non, quand un chat vous ramène son jouet, c’est pour que vous le relanciez ! 😉

Bref, il vous faudra passer du temps quotidiennement avec votre chat pour qu’il puisse se dépenser car les Bengals ont de l’énergie à revendre. Et puis, ils apprécient beaucoup les câlins et les caresses. Occasion d’apprécier leurs poils très soyeux. A noter que le Bengal est doté d’une robe à poil court qui ne nécessite pas de brossage.

Ceci dit, tant que son environnent est suffisamment enrichi (en particulier avec des postes d’observation en hauteur), il s’adapte aussi bien à la vie en appartement qu’en maison.

Saviez-vous également que c’est un chat qui peut très bien s’habituer au harnais ? Il pourra alors apprécier les promenades avec vous en toute sécurité (sans compter que vous ferez sensation). Si cela vous tente, pensez à l’habituer le plus tôt possible.

Chat bengal se promenant avec un harnais

Il y a d’ailleurs un Bengal devenu célèbre sur les réseaux sociaux car sa maitresse l’emmène absolument partout. Et pour notre plus grand plaisir, elle fait des photos superbes dans des décors incroyables au Canada. Il s’appelle Suki et voici son compte Instagram.

Le chat Bengal le plus connu d'Instagram, Suki

Et puis, prévoyez absolument un arbre à chat solide et pas trop petit (voire bien grand selon votre budget). Ce chat aime particulièrement se percher le plus haut possible.

Et pourquoi pas aussi lui prévoir un parcours mural ? C’est la nouvelle tendance actuelle qui plait à tous les chats actifs.

Voici quelques exemples de produits pour composer soi-même le parcours mural de son chat :

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Choisir son éleveur de petits léopards

Règle d’or : NE JAMAIS SE LAISSER TENTER PAR UNE ANNONCE à petit prix

Le prix d’un bengal est élevé. A moins de 1500 €, méfiance !

Puisque qu’il est par nature plein d’énergie, il est essentiel que son élevage d’origine soit de qualité. En particulier, sa sociabilisation est primordiale. Cela signifie qu’il a été manipulé par les humains depuis sa plus tendre enfance. Comme pour n’importe quel chat de race, un chaton insuffisamment dorloté par son éleveur est un futur adulte qui se méfiera des humains et qui peut même être agressif.

L’idéal est de pouvoir visiter la chatterie avant de vous décider. Vous pourrez vite voir si les conditions d’élevage sont bonnes et si l’éleveur est un passionné et non un « naisseur » sans scrupules.

Et puis surtout, assurez-vous d’acheter un Bengal possédant un pedigree LOOF. C’est votre seule garantie que vous acquérez bien un chat de la lignée officielle et non un hybride interdit, au caractère aléatoire.

Le chat Bengal est-il dangereux pour les enfants ?

Le chat Bengal est-il dangeureux pour les enfants ?

Voici une question souvent posée. La vérité, c’est qu’il faut prendre les mêmes précautions qu’avec n’importe quel chat en présence de jeunes enfants.

Le Bengal est un chat, pas un animal sauvage.
Mais le chat reste un félin. Et avec de belles griffes ! Une surveillance s’impose donc avec les tout-petits, surtout s’ils ont l’habitude de lui tirer la queue…

Ah si ! Il y a un risque spécial Bengal : ils aiment tellement l’eau qu’ils n’hésiteront pas à sauter dans l’eau du bain quand votre enfant barbote. La 1ère fois, cela surprend 😉

Bref, le Bengal n’est pas spécialement dangereux pour les enfants. Il faut juste appliquer quelques règles élémentaires de bon sens comme avec tout chat.

Mais ce qui est sûr, c’est que ses lointaines origines sauvages ne surgiront pas brusquement pour le pousser à attaquer votre enfant. Le Bengal est juste un brin exubérant comme l’Oriental ou l’Abyssin. Sauf bien sûr, si vous achetez un faux Bengal sans pedigree. Comment savoir alors que vous ne faites pas entrer chez vous un hybride encore sauvage ?

On ne le dira jamais assez, que vous ayez des jeunes enfants ou non, n’achetez pas de chat d’apparence Bengal mais bien un Bengal avec pedigree LOOF.

Polémiques et controverses autour du Bengal

Tout n’est pas rose au pays du Bengal car cette race récente suscite des débats. Et tous les discours tournent autour du même mot : hybridation.

Reconnaissons-le, ce mot peut faire peur au grand public. A raison d’ailleurs, car dans ce domaine, attention à tous ceux qui jouent aux apprentis sorciers. Et malheureusement, on assiste à un sacré amalgame !

Car le problème est qu’on a vu apparaitre, encore plus récemment, d’autres hybridations entre félins, souvent pratiquées par des amateurs. Voyons ce qu’il en est et les problèmes qui en découlent.

Les nouvelles hybridations

Voici une liste non exhaustive de ce qu’on peut voir actuellement :

  • Le Savannah : Serval africain x chat domestique (le plus grand des « chats »). Le plus connu après le Bengal.
  • Le Chausie : Chaus égyptien (appelé aussi chat des marais) x chat domestique
  • Le Caracat : Caracal x chat domestique
  • Le Safari : Chat de Geoffroy x chat domestique
  • Le Bristol : Margay x chat domestique

Et il y en a d’autres…

Multiplication des hybridations et risque écologique

Caracal et serval, 2 espèces de chats sauvages
A gauche, le Caracal. A droite, 2 Servals

Pratiquées n’importe comment et sans aucune règlementation, toutes ces hybridations font peser un risque réel sur l’écosystème. Le danger est que bon nombre de ces hybrides se retrouvent dans la nature, car, par exemple, abandonnés par leurs maitres quelque peu dépassés par la situation. Ils deviennent alors une grande menace pour l’espèce dont ils découlent.

A terme, on risque de brouiller leur héritage génétique et c’est la disparition pure et simple de toutes ces espèces qui est à craindre. Or, Caracal, Serval, Margay, … sont autant de petits félins sauvages qu’il faut préserver à tout prix. Le Margay, par exemple, est déjà classé dans la catégorie « espèce quasi menacée » de la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).

Nous sommes nombreux à être fascinés par des chats au look exotique. Mais cela ne doit jamais être au détriment des espèces sauvages.

Il faut savoir qu’en France, aucun de ces nouveaux hybrides n’est considéré comme race de chat par le LOOF.

Rappelons en passant que pour le Bengal, plus aucune hybridation n’est autorisée en France. Et puis, n’oublions pas également que l’idée première de Jean Mill était de préserver le chat léopard d’Asie du braconnage intensif dont il était victime.

Hybridations incontrôlées = maltraitance animale

Dans le cas du Bengal, j’ai insisté sur le soin apporté lors des hybridations pour qu’il n’y ait aucune maltraitance. En outre, il faut savoir que le chat léopard d’Asie a un comportement moins sauvage que ses cousins comme le Caracal ou autre. Il est d’ailleurs génétiquement plus proche. Et puis surtout, c’est un chat sauvage au gabarit très voisin de celui du chat domestique.

Ce n’est pas le cas des autres espèces « utilisées ». Par exemple, un serval adulte pèse entre 12 et 26 kg ! Dans ces conditions, les accouplements sont risqués et donnent lieu fréquemment à de graves blessures. Pratiqués sans aucun contrôle sérieux, on peut craindre de sévères cas de maltraitance pour les chats domestiques qui servent de cobayes.

Chat Savannah, génération F2
Chat Savannah, génération F2

Ajoutez à cela que les hybrides vendus à prix d’or sont souvent des générations F2, F3, F4, très demandées, et vous comprendrez qu’ils ont encore des comportements imprévisibles et inadaptés pour une vie chez des particuliers mal informés. D’ailleurs, les abandons sont très courants… Et une maltraitance de plus.

Enfin, le plus souvent, ces pratiques n’ont pas pour but de créer de nouvelles races de chat stables, comme c’est le cas pour le Bengal. Mais elles répondent à la demande d’un certain marché demandeur de félins proches de leurs cousins sauvages. Cela implique donc toujours plus de trafiques d’animaux sauvages. Ce qui est bien sûr extrêmement condamnable.

En résumé, on peut dire que ces polémiques envers les nouvelles hybridations sont tout à fait justifiées. Mais le Bengal, en tant que race de chat à part entière, ne participe pas à toutes ces pratiques douteuses. Toutefois, dans ce contexte, ce qui est vrai pour toutes les races de chat l’est encore plus pour lui : il est primordial de vérifier son origine lors de son achat. En France, grâce au LOOF, il suffit de vérifier que les parents possèdent bien leur pedigree.

Le cas de la Belgique : élevages de Bengals interdits en Wallonie ?

Il y a quelques temps, je suis tombée par hasard sur un article circulant sur le web avec un titre troublant : « Les Bengals sont interdits en Belgique ».

Sacrebleu ! Que se passe-t-il donc chez nos voisins tout proches ?

Et bien en fait, il faut savoir que la Belgique ne gère pas les races de chat comme en France. Car elle ne possède aucun organisme central comparable au LOOF français. Ce sont principalement les clubs de race qui attribuent les équivalents de nos pedigrees.

Du coup, un Bengal belge ne bénéficie pas de la même protection sur ses origines. Dans ce pays, il est donc toujours considéré comme un animal hybride et non un chat domestique, au même titre que le Savannah.

Pour pallier à ce problème, le gouvernement wallon a donc interdit l’acquisition de Bengals jusqu’à la génération F4. Rappelons que chez nous en France, un Bengal en dessous de la génération F4 n’en est pas un…

Quant aux élevages sérieux (avec des vrais chats domestiques, pas des animaux sauvages !), ils peuvent poursuivre leur activité en obtenant un agrément accordé par le ministère du bien-être animal belge.

En conclusion

Le chat Bengal avec un pedigree LOOF en bonne et due forme est donc bien un chat domestique avec toutes ses caractéristiques habituelles.

En plus de son extraordinaire apparence physique, c’est un chat extrêmement attachant, démonstratif et très intelligent. Tant qu’il a été bien sociabilisé dès les 1ers mois au sein d’une famille, et non élevé en cage, c’est un compagnon très agréable.

Son dynamisme fait juste qu’il a besoin de beaucoup se dépenser. Il faut donc enrichir son environnement, prendre le temps de s’en occuper et il vous le rendra bien. Car, au plus vous jouez avec lui, au plus riche sera votre relation.

Et n’oubliez pas de lui parler, car il aime beaucoup communiquer avec nous 😉

J’espère que cet article a pu répondre à toutes vos questions. N’hésitez pas à en poser d’autres dans les commentaires ci-dessous !

Un prochain article détaillera les caractéristiques physiques avec notamment toutes les robes existantes…

 

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